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Les trois-quarts des espèces animales
sont des Insectes.
Une
espèce de plante sauvage disparaît chaque jour dans le monde.
«
Si l’Homme a un devoir de mémoire envers la biosphère,
alors où sont les biohistoriens ? » (C.
PERREIN).

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Paléolithique
Moyen (il y a environ 150.000 ans)
- Cueilleurs
et chasseurs circulent facilement de l’Atlas au Niger, dans le Sahara
qui constituait alors une vaste savane habitée d’éléphants,
de grand fauves, d’hippopotames et de myriades… de Papillons.
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3000
ans avant J.-C.
- Assèchement
progressif du Sahara converti en désert. Le « Maroc »,
sa flore, sa faune et sa population humaine sont isolés. Ses
premiers habitants, les Berbères, se tournent alors vers les
civilisations plus avancées de la Méditerranée.
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Antiquité
- La forêt
climacique couvrait 30% du territoire (moins de 8% aujourd’hui).
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Fin
du second siècle après J.-C.
- Importé
d’Arabie, le Dromadaire, acclimaté par les Berbères, permet
de traverser le Sahara.
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4è
siècle
- Disparition au Maroc de l’Eléphant dont Pline l'Ancien (Ier siècle) relatait la présence dans les jardins de Salé.
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5è
siècle
- Premiers
reculs des boisements de Cèdres et de Genévriers (cause
agricole) et de leurs exploitations (constructions navales).
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10è
siècle
- Disparition
des forêts du Gharb, des régions de Rabat et Casablanca
(production de charbon, extraction du tan, écorçage sur
pied, élevage).
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1905
- Le probable
dernier Lion est abattu (des rumeurs autorisées en rapportent d'autres
trophées jusque dans les années 30). Il faut aussi savoir qu'encore
en 1846, un Lion avait pu être tué au Cap Spartel, aux portes de Tanger
et donc de l'Europe. - Plus la moindre observation de l'Erismature à
tête blanche. - Fin des bosquets de Genévriers qui couvraient les Gorges
du Ziz, aujourd'hui désertifiées.
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Années
30
- Ultime
signalement du Crocodile du Nil. L'espèce était présente dans le Drâa,
anciennement un fleuve permanent et le plus long du Maroc. Aujourd'hui,
ses eaux se perdent dans les sables. - Les derniers Bubales de l'Oriental
(région de Missour) serviront d'ultimes trophées à la plus grande Antilope
marocaine.
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Années
50
- L'Oryx
algazelle, l'Addax, la Gazelle leptocère, l'Autruche rejoignent la liste
nécrologique, pareil in memoriam pour le Vautour oricou, le Vautour
moine, l'Aigle impérial ibérique, la Pintade sauvage, la Grue demoiselle.
- La Truite
de Pallavy, espèce endémique de l'Aguemalne Sidi-Ali (Moyen
Atlas) est portée éteinte.
- Modeste
apport faunistique : le Petit Monarque (Papillon Danaïde migrateur et
grégaire) élit
domicile dans les vergers de Taroudannt.
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2000,
etc.
(" Dies ad quem " ou le début de la fin...)
- La Panthère
s'éteint (moins de dix spécimens génétiquement isolés) et le sort du
Guépard (quelques individus dans le bas Drâa) n'est guère plus enviable.
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La moitié des espèces des derniers grands mammifères sauvages est menacée.
Les observations de l'Hyène rayée, du Lynx caracal, du Chat des sables,
du Chat ganté, de la Gazelle dorcas, de la Gazelle de Cuvier, de la
Gazelle dama, du Mouflon à manchettes, du Ratel, de la Loutre et même
de la Zorille, du Fennec et du Chacal deviennent aléatoires.
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Plus aucune observation de Pieris napi atlantis, une Piéride
du Navet endémique de la région d'Azrou depuis 1970.
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Premier signalement au Maroc d'un Lycène originaire d'Afrique du Sud,
: Cacyreus marshalli, Papillon diurne redoutable parasite des
Géraniums d'ornement.
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- Description
d'une nouvelle Gerbille du Maroc.
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- La
suberaie (forêt de Chênes-liège) de la Mamora (120 000 ha en 1920 descendus
à 55 000 ha de Chênes lièges aux portes de Rabat) est " fossilisée "
car sans régénération..
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- Agonie
du Cèdre qui se voit biffé des paysages du Moyen Atlas méridional et
du Haut Atlas oriental.
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Extinction du Genévrier thurifère dont les formations se transforment
en " forêts mortes "
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- En
un siècle, la perte documentée de l'Arganeraie marocaine (impliquant
dans le Sud-Ouest 2 millions d'habitants sur 3 millions d'hectares)
est évaluée à la moitié de sa surface (d'un million et demi d'hectares
au début du XXme siècle à 800.000 ha, soit une éradication de 600 ha/an).
L'arganeraie ne sera plus bientôt qu'une " forêt sans arbres ".
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-
La pluie se fait de plus en plus infidèle.
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- Déforestation,
mauvaises techniques sylvicoles, parcours du cheptel en forêt, pression
pastorale partout démesurée, divers processus de dégradation (matorralisation,
steppisation, thérophytisation, etc.), érosion, désertification, le
drame de la terre dénudée devient crucial.
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- On
parvient paradoxalement à cumuler un troupeau national de plus de 20
millions d'ovins et de caprins…
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- Face
à cet holocauste écologique, au Maroc comme ailleurs et dans un ultime
élan stigmatisé par de grands discours, la société humaine cherche à
organiser la protection de plantes emblématiques vestiges, des plus
insignes Papillons subfossiles et autres survivants d'une biodiversité
quasiment défunte. C'est au moins faire amende honorable… L'inéluctable
n'est plus ici lié au grand destin des âges, mais seulement à l'assujettissement
de la Nature à l'homo economicus post moderne et à la misérable
conduite de ce dernier.
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